jeudi 26 février 2009

Nanar sauvage

Attention, le flim de ce soir est probablement sponsorisé par une chaîne spécialisée dans l'ameublement.

Hier il m'a été donné de voir Eaux Sauvages (SAVAGE WATER 1979). Parmi les Choses Que L'Homme N'Est Pas Censé Mater Au Cinéma, ce film se place en belle position. Que dire qui n'aie pas déjà été écrit sur ce magnifique Deliverance (regarder bien la magnifique affiche, à gauche) version nanar ? C'est au-delà des mots. Déjà, au niveau de la réalisation, il faut avouer que le caméraman frôle le génie. Tout au long du métrage, une fois les personnages ayant quitté le confort de la civilisation, le dit caméraman va nous faire découvrir la beauté filmique du contre jour. L'image est dégueulasse et toute noire, on distingue à peine les éléments, mais il ne va pas s'arrêter là, ho non ! Il invente ensuite le contre nuit ! Et là ça devient de l'art : réussir à obtenir un effet de contre jour quand on filme une fausse nuit à l'aide d'un filtre bleu perrave. A la fin, décidant de ne pas s'arrêter là, il produit un "contre tribunal", ou comment filmer l'intérieur d'un tribunal aux murs noirs en contre jour. Si. Passons sur le flare qui a dû couter une pellicule entière vu que tourner la caméra face au soleil pardonne rarement.

Je garde l'histoire pour la fin, j'aborde maintenant l'exceptionnelle bande son. Le film débute sur une chanson faisant pauvre copie de Johnny Cash. D'ailleurs, dans le générique, on signale bien que la chanson a été composée spécialement par le film. D'ailleurs, tout le budget "son" y est passé. Ce qui signifie que le reste du film est dénué totalement de bruitages. A une exception près : à un moment on entend le bruit de l'eau, profitez-en ça dure pas. Ce qui fait qu'au moment où on entend l'eau, pour un film de descente de rivière, c'est un moment de féérie exceptionnel. Pour les musiques d'ambiance, ils ont récupéré des bouts de-ci, de-là provenant d'autre films, dans une durée n'excédant pas celle requerrant de payer des droits. Du moins, j'explique comme ça le fait que les musiques s'arrêtent n'importe quand, avec un blanc, en plein milieu d'une course poursuite ou autre. Les musiques sont vraiment de toutes provenances, puisqu'on a même parfois l'impression qu'ils ont retrouvé un vieux best-of de blaxploitation. Mais le pire, c'est le doublage. Carrément. Au début, j'ai cru que le traducteur adaptateur avait reçu les images sans le son et qu'il avait créé comme il avait pu les dialogues manquants, mais ce n'est pas le cas : la traduction littérale de l'anglais pour certaines formules ("Oh cher !" pour "O, dear!") permettent d'être sûr que le traducteur n'est pas responsable des lamentables dialogues, leçons de vie et autres remarques pitoyables qui émaillent ce film et servent à meubler finement la totalité de toutes les conversations (d'où le sponsor plus haut dans ce message). Par contre, l'adaptateur, lui, a déconné : la synchronisation est mauvaise à un point peu dicible. Les personnages ont parfois leurs lèvres qui bougent plusieurs secondes après que la voix aie cessé. De toutes façons, ça correspond pas au mouvement des lèvres. Heureusement que le caméraman et ses contre-jours sauvent l'affaire en masquant cela, et le reste de l'image avec. Ensuite, la traduction trop courte des textes fait que les doubleurs ont parfois rien à dire, ralentissant le débit avec des pauses en plein milieux des mots comme des acteurs séniles atteints de trous de mémoire : "Je pen...se que ... franchement... on devrait... conti ... nuer."

Un extrait ?

Et n'oublions pas les accents : les allemands avec un accent "kolossale finesse", l'arabe avec un accent comme on n'en fait plus depuis les années 50. Lamentable.
J'allais oublier : quand des gens sont sur des rafts dans des "rapides", ils font tous "youuuuu ! Youuuuu ! Supeeer ! Youuuu !" même quand un assassin se cache parmi eux.

Un autre ?

L'histoire, c'est des gens qui partent descendre une rivière en rafting lors d'un voyage organisé. Parmi la foule des touristes, on a un gros nerd, une pétasse, un arabe forcément détenteur de puits de pétroles, deux allemands forcément alcooliques, un gamin forcément insupportable, le hippie qui cause karma, etc. Les accompagnateurs nous fournissent l'aventurier maître de lui, le redneck dégoûtant... tout les clichés y passent, il n'en manque pas un.

Vous vous faites du mal, là...

Ils descendent leur rivière, qui ressemble à un lac dégueu au fond d'une carrière de calcaire, accompagné de stock shots. La plupart des passages nous permettent de recevoir des leçons de vie absurdes sur la mort, l'apocalypse prochain, le mariage, les stock options, comment draguer les femmes, comment rouler un palot, comment faire caca. Essentiel. Au bout d'une heure, quand le spectateur commence à trouver le temps long, y'a un gonze qui meurt. Une femme le découvre et se met à hurler. heureusement, une de ses amies vient la réconforter : "Que ça ne gâche pas tes vacances, surtout !". Un peu d'affolement, mais rien de grave, on se remet à niquer dans les fourrés la nuit et à faire "Youuu ! Youuu !" sur les rapides. Il y a ensuite d'autres morts ou blessés, dont le gamin qui se fait mordre par un crotale dans son sac de couchage. Note au dialoguiste : quand un gamin se fait mordre par un crotale, il gueule "Aaaaaaaaaaah" ou "Ouiiiiinnnnnnn" ou "Bordel de merde" suivant sa catégorie d'âge, mais pas "Je me suis fait mordre par un crotale que quelqu'un a mis dans mon sac de couchage". Le spectateur a suivi le peu qu'il y a à suivre, merci. On notera que la règle du pistolet de Tchekhov a été respectée : à un moment, l'aventurier nous explique tout ce qu'il y a à savoir sur la Belladonne, sans aucun rapport avec l'histoire. Tout le monde s'en tape. Il viendrait à personne l'idée de bouffer par hasard une herbe à la con. Sauf à lui. Ben plus tard, y'a quelqu'un qui meurt empoisonné à la Belladonne. Si. Ouf. Tchekov va pouvoir pieuter ce soir.

Non, sans dec, arrêtez.

En parlant de mort, n'oublions pas qu'on peut crever d' "hypodermie" quand on tombe dans l'eau froide, genre en 30 minutes, nous apprend on.

Bref, je disais que des gens meurent, mais que l'on continue à descendre la rivière. A un moment des types essaient de lyncher le psychiatre, qui a des réactions débiles mais qui est forcément coupable, c'est le psychiatre. Hé. Forcément. Il meurt avant la fin dans un accident, mais est condamné par contumace dans un tribunal (avec des plans en contre-tribunal, donc, merci au champion de la caméra). Un épilogue montrera que le héros de l'histoire, c'est lui le meurtrier. Ouuuhhhhh. Vu qu'à ce moment, ça fait déjà 40 minutes que le spectateur rit comme un goret à cause du film, c'est pas bien grave.

Un bien beau flim.

mardi 10 février 2009

5e Nuit Excentrique à la Cinémathèque

La 5e nuit excentrique se déroulera le 7 mars à la cinémathèque. Un rendez-vous à ne pas rater.

Demandez le programme !

Bon flims.

mardi 20 janvier 2009

Le retour des nanars tueurs

Une fois n'est pas coutume, on ne va pas parler ici de nanars au sens "film tellement mauvais qu'il en devient drôle", mais de films comiques inspirés des nanars, dans la lignée de ce que fait la firme Troma. Du sanglant, du rigolo, du décomplexé pour utiliser le vocabulaire politique.

John De Bello a ainsi fait quatre films, qui forme la terrible et inquiétante saga des Tomates Tueuses. En 1978, avec une poignée de potes et des moyens que l'on peut qualifier de minables, notre homme décide de produire et réaliser l'ATTAQUE DES TOMATES TUEUSES (1978), un grand film où les gens sont attaqués par des tomates qui tuent des gens, et dont l'apparence est celle d'une tomate tout ce qui a de plus quelconque. Un indice toutefois : ces tomates font "Gnap ! Gnap !" et les gens hurlent quand ils en voient. On apprend dans la suite que ces tomates sont l'oeuvre du Pr. Gangrene, joué de manière excellente par John Astin (connu pour son rôle de Gomez dans The Addam's Family, moins pour son rôle de chef du Culte du Maïs dans Eerie, Indiana).

Le film est assez délirant, avec ses tomates qui dévorent les gens, mais je crois honnêtement qu'un extrait sera beaucoup plus explicite : le trailer.

Pour tuer des tomates tueuses, le seul moyen, c'est la chanson "Puberty Love" (un hommage à cette scène se trouve d'ailleurs dans MARS ATTACKS ! (Tim Burton - 1996)), tellement mauvaise qu'elles en meurent.

C'est le deuxième opus, réalisé 10 ans plus tard après que le premier eut gagné son titre de film culte, qui est mon préféré, ne serait-ce que par ses acteurs. En effet, dans icelui, on y trouve donc John Astin jouant un scientifique fou dément, accompagné d'un Igor baranqué, blond au yeux bleus, sorti tout droit des fantasmes d'un généticien nazi. C'est le grand désespoir de Gangrene, qui aurait préféré un Igor normal, moche et bossu donc. L'autre célébrité, c'est ce cher Georges Clooney qui signe ici son deuxième rôle, eh oui. Et il a pas beaucoup changé, ce qui fait dire aux mauvaises langues que même jeune il avait l'air vieux.

Donc, RETURN OF THE KILLER TOMATOES (1988) raconte la suite directe du premier. Les tomates ont été vaincues et interdites de par le monde. Certains font de l'argent en faisant du trafic de tomates. Les pizzas sont sans sauce tomate. Les gens hurlent et fuient à la vue d'une tomate.
Mais comme il s'agit d'un film de seconde zone, il commence par une fausse émission télé de fin de nuit, avec presque aucun spectateur, qui va nous passer ce grand film. Ou presque (hihi).

Le personnage principal vend des pizzas chez le héros du premier film, qui rêve encore de gloire. Son meilleur pote (Clooney) n'a qu'un seul objectif dans la vie : se taper des jolies filles. Un jour, dans la pizzeria, la nuit, la belle plante qui vit chez le Pr. Gangrene entre et propose au héros de baiser. Celui-ci met un moment à comprendre et la ramène chez lui. Sauf que la fille est en fait une tomate transformée en femme que Gangrene va essayer de récupérer à tout prix, alors que l'histoire d'amour déconne un peu quand le héros apprend que sa gonzesse est un fruit.

Au milieu du film, la production n'a plus de sous. Le film s'arrête. Clooney propose alors au réalisateur de faire du placement de produit. Le film reprend, avec des pubs Pepsi jusque sur la blouse blanche de Gangrene.

Après quelques aventures, l'histoire se termine bien, avec Clooney jouant dans un autre film (Big Breasted Babes Go To The Beach And Remove Their Tops - mais ce sont des tomates, en fait).

Le mieux, c'est quand même de voir la bande annonce.

Gangrene n'abandonne pas, et malgré une prise d'otages par des Killer Carrots à la fin du générique, un troisième film est tourné, assez rapidement vu que le second a marché : KILLER TOMATOES STRIKE BACK ! (1990), un polar où des meurtres sont commis (encore) par des tomates. Gangrene échoue de nouveau et s'enfuit en France.

Eh oui ! Le quatrième film s'appelle KILLER TOMATOES EAT FRANCE (1991), cocorico. Gangrene s'est donc réfugié en France (mais en taule) et planifie une seconde révolution française sur la base d'une vieille prophétie, qui dit que Louis XVII reviendra sur le trône. Celui-ci ressemble à Igor, ça tombe bien. Les tomates vont pour marcher sur Paris, quand Louis revient et vainc Igor. Ouf, notre France faite de clichés mis bout-à-bout est sauvée. On ne manquera pas de regarder la scène de baston en 2cv place de l'étoile, tournée sans autorisation.

Cette série de films, inégale mais loin d'être nanaresque a inspiré plein de films, de bédés et autres. Il ne faut toutefois pas croire qu'il y a un lien avec "L'Attaque de la Moussaka Géante", qui est un vrai nanar grec qui méritera une fiche à lui tout seul.

jeudi 18 décembre 2008

Un nanar ozé

Preuve est fait que moi aussi des jeux de mots pourris je peux en faire. Le film de cette séance est un film très célèbre, au moins par son réalisateur et ses acteurs. Sean Connery avait déjà derrière lui ses James Bond qui deviendront mythiques. Charlotte Rampling, elle, avait déjà joué dans, heu... pas grand chose de notable, mais beaucoup. Quant au réalisateur, John Boorman, il n'avait pas encore fait EXCALIBUR (1981), mais était déjà l'auteur de l'excellent DELIVERANCE (1972) avec sa scène où ça couine grave. Je ne résiste pas à vous permettre de revoir cette scène :

http://www.youtube.com/watch?v=yj4LnfkdJDM

Mais foin de scènes de rednecks en furie, parlons du film. Il s'agit, bien sûr, du magnifique ZARDOZ (1974), celui où que Sean Connery se balade torse poil et en slip rouge tout au long de cette épopée hippie new agesque.



Dès l'introduction du film, on sent le génie pointer. N'oublions pas que John Boorman a écrit lui même le scénario, un jour où il avait trop touché de LSD. Bref, le film s'ouvre sur une séquence où la tête d'un mec, avec des moustaches et une barbe dessinés au crayon, nous raconte sa vie, qu'il est un dieu à mi-temps et autres délires assez psychédéliques. Sa coiffe, de type égyptien période rideaux de cuisine, n'ajoute rien au ridicule de la scène.



On suit alors une espèce d'ignoble tête en pierre volante, dans des plans qui ne sont pas sans rappeler les soucoupes volantes de Ed Wood dans son célèbre PLAN NINE FROM OUTER SPACE (1959). Cette espèce de tête se pose sur la plaine et des cavaliers arrivent, qui la vénèrent comme le dieu Zardoz. Cell-ci leur remet des armes en leur demandant de tuer plus pour elle. Elle fait un grand discours sur "Gun is good / Penis is evil" qui ravirait les féministes chienne de garde qui ont survécu jusqu'à aujourd'hui. Toujours est il que Zardoz a désigné un peuple élu, dont Sean Connery fait partie, et qui doit éliminer les autres humains mais ne pas se reproduire. Le flingue est bon car il crache la mort, là où le pénis est mauvais car il crache la semence, donc la vie.



Notre héros a alors l'idée d'un stratagème subtil. Avec son slibard, ses deux cartouchières décoratives et son flingue (qu'est bien), il se planque dans le grain donné à la tête de pierre appelée Zardoz.

A l'intérieur, il trouve de la bouffe, et des gens sous cellophane. Bon. Il y trouve aussi le cuistre de la scène d'intro, auquel il colle une bastos, voire deux, comme ça, parce qu'il est énervé.

La tête rejoint alors, sans pilote, un village appelé le Vortex. On apprendra que des vortices, y'en a d'autres, mais ça n'aura aucune conséquence parce que le scénario fera fi de cette information, comme de beaucoup de choses, comme l'intérêt du spectateur. Le réalisateur est cependant habile, il placera judicieusement des cadrages dotés de nichon dès que l'attention retombe. Les filles, elles, ont droit à Sean Connery en slip. Tout le film.

Le vortex est une espèce de village témoin hippie décoré de trucs gonflables donc futuristes et mystérieusement auréolés de mystère mystérieux. C'est une société utopique du futur, où tout le monde vit éternellement et est extrêmement cultivé, au prix du reste de l'humanité qu'on extermine dans la joie. Or, cette société n'est pas parfaite. Globalement, les gens s'y font désespérément chier. Ils prennent la pose. D'ailleurs, ils passent leur temps à ça. Les séances de "méditation du deuxième niveau" qui refont penser au clip de Thriller sans la musique. Les séances de vote version langage des signes et nana dotées d'écouteurs en cheveux (bien avant Leia dans Star Wars). Ils niquent même plus et se demandent comment qu'on fait une érection.

Notre héros au torse velu devient donc à la fois esclave et sujet d'étude de cette société.Il est un mutant. Ah ? Ah bon. D'accord. Je me disais, aussi, ces poils. Un des gonzes va s'en servir pour tirer une charette, alors qu'une gonzesse est chargée de l'étudier. Sean, ou plutôt Zed, ainsi que le spectateur, découvre cette société inane, qui fait vieillir ses rebelles jusqu'à la sénilité. Ces derniers se retrouvent d'ailleurs en costume d'époque et prennent le thé pour l'éternité, l'horreur absolue. Pendant ce temps, Zed tire la carriole.



A coté, James Bond, c'est un affreux. Zed, c'est la classe.

Bref, l'histoire devient à peu près confuse, ou alors j'ai dormi, mais en gros, notre héros devient une pomme de discorde et toute cette société veut l'éliminer. Sauf qu'à un moment, ils changent tous d'avis. La séquence où Sean se déguise en mariée y est peut être pour quelque chose. Ou alors celle des cours en accéléré avec projection sur torse de nanas.



Ca se finit donc d'abord par une meute d'Eternels à la poursuite du héros, puis pour le héros, avant que les potes du héros ne débarquent et ne les tuent tous. Sauf le héros et sa gonzesse, qui se réfugient dans une cave après avoir pondu un gosse, avant de mourir, le tout sans bouger. Ca va vite.

Y'a plein de choses sur lequelles on pourrait revenir, comme la scène de vampirisme psychique par les zombies éternels, le mystérieux appareil magique qui transforme une baguette de pain pas cuite en baguette de pain cuite (le four, invention incroyable de mystère mystérieux), la séquence avec des bouts de frottage de nichons (oui, y'en a beaucoup, c'est un film hippie) et de combats de boue dans l'espoir d'éveiller une érection chez le héros. Ca n'y parvient pas. Pas plus que chez le spectateur, d'ailleurs. Il y a aussi la scène incroyable où Zed, contre toute attente, déchire du cellophane. Ouah.

Le truc le plus mystérieux, c'est qu'à la fin du film, on n'a pas une impression de nanar. Il m'a fallu un moment pour mettre le doigt dessus : les acteurs principaux sauvent le truc. Ils semblent y croire et arrive à sortir des regards, des attitudes. En un mot, ils jouent bien. C'est juste que tout le reste déconne...

La bande annonce :
http://www.youtube.com/watch?v=kbGVIdA3dx0

samedi 25 octobre 2008

Un nanar chevelu

Les japonais sont des gens bizarres : ils ne parlent pas français, se contentent de dessins animés "hentai" quand nous nous vautrons dans les pornos, mangent à l'aide de bâtonnets du poisson pas cuit et dessinent des logos au lieu d'écrire comme font les honnêtes gens. Bizarres. Pis des fois ils font aussi des nanars. Je ne parlerai pas ici de "MACHINE GIRL" (Kataude Mashin Gâru - 2008) que j'ai malheureusement raté lors de sa diffusion à la GenCon (la salle était bondée), mais sachez qu'un film où une jeune étudiante possède une mitrailleuse à la place du bras, je risque de pas passer trop de temps avant de le voir. Si. L'amateur éclairé repensera soudaint à Evil Dead 2. Allez, je résiste pas à une petite bande annonce :

http://www.youtube.com/watch?v=eSpCWJnnWVI
(Y'a des ninja, une flying guillotine, du sang à l'hectolitre et un soutif perceuse, vous ne pourrez résister).

Je vais donc plutôt vous parler de celui que j'ai vu presque par hasard :
HAIR EXTENSION (EKUSUTE - ou EXTE - 2007 - Sion Sono)

Yoko est une jeune et fougueuse apprentie coiffeuse qui rêve de devenir styliste en coiffure. Elle sort toute guillerette dans les rues avec son vélo, le matin, et se raconte à elle même sa propre vie à voix haute, prouvant bien mon discours sur la bizarrerie plus haut. Mais elle est heureuse : elle ne cesse de badigeonner la bande son de méthode coué que comment que sa vie elle va être merveilleuse et qu'elle aimerait bien prendre le temps de regarder la mer. Au bout de 5 minutes, le spectateur a envie de l'étrangler, mais on y reviendra. En tout cas, elle ferait une super pub pour le Velib' de son patelin.

Pendant ce temps, sur les quais, des agents des douanes pas bien éveillés trouvent un container rempli de cheveux et un cadavre au milieu. D'ailleurs, les cheveux lui appartiennent. Cela tombe super bien parce que l'un des grouillots de la morgue où le cadavre chevelu est amené est un fétichiste des cheveux féminins. On l'avait vu un peu plus tôt et il s'était déjà colleté avec les deux flics aussi débiles que lui. Mais eux ils ressemblent pas à un John Lennon asiatique pauvre sous acide.

Hmmm,des poils :


Ni une, ni deux, notre valeureux employé choure le cadavre, qui, quand il est énervé (on ne saura jamais pour quelle raison il s'énerve parfois), a ses cheveux qui poussent grave. Genre j'te remplis l'appartement. Notre fétichiste est aux anges, il en a le zizi tout dur. Mais il faut bien vivre. Il décide alors de couper les cheveux et de les revendre aux salons de coiffure, après tout, il a du rab. Sauf que les cheveux, vendus pour faire des extensions, ont tendance à tuer les nanas qui les portent. On a droit alors à des scènes qui sont censées faire peur où des nanas se retrouvent étranglées, étouffées ou pendues au plafond par leurs propres cheveux.

Youuuu :


Pendant ce temps, Lennon danse de joie au milieu de ses cheveux et n'est pas super gêné de vivre avec un cadavre.
Ca ne va pas beaucoup plus loin. Yoko découvre l'horrible affaire et réussit à résoudre le problème. Le problème qu'elle a avec sa soeur délinquante fille-mère qui tabasse l'héroïne ainsi que sa propre fille et couche avec un gangster débile se résoud de lui-même à l'aide de pelletées de cheveux.

Un bien beau flim, donc. Le trailer : http://www.youtube.com/watch?v=KtuKpUSJ2GA

mercredi 1 octobre 2008

Le nanar de l'Enfer

Hellgate, nanar américain de William A. Levey - 1989
(note : cette fiche a été faite par un guest, Macbesse)

"Alors comme ça, tu veux aller au village hanté introuvable beau brun ? Tu sors de ce bourg pourri, tu dépasse la station service et le cimetière, tu vas tout droit. Tu peux pas le rater !"

Années cinquante : de terribles bikers bien rasés surgissent du fond de la nuit américaine. Rectification : de terribles bikers surgirent des abords ensoleillés de la ville dans la nuit américaine de celle-ci par la grâce du Dieu des Faux Raccords. Ils garent leurs rutilantes Harley 125 et pénètrent dans un bar au décor plus cheap qu'un épisode du Miel et les Abeilles.

Un long travelling sur la poitrine d'une accorte jeune fille lève tous les doutes : nous sommes bien dans un nanar. Mais tiendra-t-il toutes ses promesses de plans-nichons totalement injustifiés ? Contiendra-t-il autant de faux raccords, de fautes de goût, de logique et de cohérence qu'espéré ?

Oh oui, il les tient toutes ces promesses, mais il fait plus encore. Hellgate, c'est :

Un scénario inepte et bourré d'incohérences

Le récit des vingt premières minutes est à lui seul une preuve à charge.

Dans les années 50, une jeune fille est enlevée par des bikers qui l'amène dans une ville abandonnée habitée. Ils font alors la connaissance du père de la belle, qui, justement, habite en face de l'endroit où ils s'amusent avec elle - les bikers sont de grands enfants, ils font la ronde avec leurs motos autour d'elle en criant. S'ensuit un court mais intense combat épique entre le chef de gang et le père.


En haut de l'image, la chaîne volante qui vaudra au père de se promener avec un gant de cuisine noir pendant tout le reste du film.
(merci Nanarland pour la capture)


Le père, lanceur de haches à ses heures perdues.
(merci Nanarland pour la capture)

Malheureusement, le paternel ne parvient pas à sauver sa progéniture, car un autre biker a acculé la belle jeune fille et lui fonce dessus, écroulant le mur de briques en mousse sur elle. Désespoir !

A une époque indéterminée, un employé du père trouve un cristal grand comme un ballon de foot derrière un panonceau "mine d'or désaffectée". Ce cristal bleuit et envoie un rayon sur la chauve-souris qu'il venait de tuer à coups de pelle.


Cette chauve-souris en plastique est morte. N'aie crainte ami cinéphile déviant, le rayon bleu gratté à même la pellicule va la ressusciter et tu vas pouvoir entendre le doux bruit de ses ailes mécaniques !
(merci Nanarland pour la capture)

"Employé fidèle" (dixit), il amène ce cristal magique à son seigneur et maître. Etonné mais optimiste, celui-ci décide de l'essayer sur le poisson rouge.


"Ciel, ce poisson-rouge mute !"
(merci Nanarland pour la capture)

L'eau bout dans le bocal, cuisant le poisson au court-bouillon. Le bocal finit par exploser et révéler un poisson mutant aux yeux bleus et vitreux, qui explose lui aussi par la même occasion.


"Hum, il devait y avoir trop de levure dans la pâte."
(merci Nanarland pour la capture)

Comme le spectateur n'a pas encore bien compris les capacités extraordinaire du cristal et les possibilités scénaristiques infinies qu'il ouvre, il faut réessayer sur une tortue empaillée.


Vous ne rêvez pas, cette tortue crie.
(merci Nanarland pour la capture)


Une terrible morsure de gant-zombie.
(merci Nanarland pour la capture)

Dont voici les conséquences... trente ans (?) plus tard :


Le maire au masque de fer
(merci Nanarland pour la capture)

Le père, nous dit la voix off, continue ses expériences et finit par "maîtriser le cristal". De nuit, il se rend alors dans le cimetière brumeux qui fait hurler les loups à la lune à chaque fois qu'il apparaît à l'écran (au moins six fois dans le film). Il se recueille un instant devant le généreux décolleté du gisant en stuc de sa fille, puis lance les fameux rayons bleus pour la ressusciter. Hellgate serait-il un remake de Simetierre ? Difficile à dire. La fille apparaît dans le plan suivant, parfaitement intacte et pas explosive pour le moins du monde. Nous sommes maintenant, le scénariste seul sait pourquoi, dans les années 80, et la revenante peut croiser le chemin du héros qui rentrait chez lui, où l'attendaient un couple d'amis et sa petite copine, qui venait justement de narrer la sinistre histoire de Hellgate, histoire de gagner cinq minutes et d'atteindre le format long-métrage. Par une improbable ellipse - on ne saura jamais ce qui s'est passé entre la résurrection et les années 80, les deux époques de la narration se trouvent désormais réunies.

Pourtant, en comparaison du reste du film, ces vingt premières minutes tiennent la route : on ne saura jamais pourquoi Hellgate est devenu un village de zombies où on n'aime pas les étrangers, pourquoi ce village est perdu bien qu'il soit juste à côté du cimetière, pourquoi la revenante a des supers-pouvoirs bleutés, si elle veut tuer le héros ou coucher avec lui, ni à quoi servent, en définitive, les zombies, qui n'auront de cesse de regarder bêtement les "intrus", laissant au père le soin de les trucider.

On fermera également les yeux sur la raison d'être du biker rescapé de la tuerie des années 50, qui se prépare durant tout le film, aiguisant tellement son couteau dans son garage qu'il finit par découper des pastèques en un coup. Ce même biker revient sur les lieux de son forfait mettre une tannée au père-qui-est-devenu-le-méchant-et-qui-n'aime-pas-les-étrangers. La tension est à sa comble. Le choc des titans approche. Zek s'agite, hurle, brandit son couteau d'un air menaçant... et prend un coup de rayon bleuté gratté à même la pellicule en pleine poitrine. L'est mort chef. Durée du match : dix secondes, chrono en main.


Cette pastèque va prendre cher. Je n'en dirais pas autant du méchant.
(merci Nanarland pour la capture)

Des clichés enfilés comme des perles

C'est bien connu, pour survivre a un film d'horreur, il faut ne pas pécher, ne pas se séparer et ne pas dire "je reviens tout de suite". Ces principes sont appliques a la lettre. La lubricité et la boisson reçoivent automatiquement leur juste châtiment. Mais s'il n'y avait que ca ! Le réalisateur qui a commis ce film devait avoir une check-list, et cocher au fur et a mesure, car on a droit a la scène de cimetière, au hurlement tritonal du loup a la pleine lune, à la dame blanche, à une histoire d'amour de fesses (totalement sabotée) entre la revenante et le héros, aux zombies, au piano qui joue tout seul, a la mine, au retour du grand méchant-qu'il était pas mort, et j'en passe. C'est un parcours parfait, a l'image du skieur qui se prend toutes les portes du slalom géant.

Un film sensuel

Hellgate, c'est aussi un film racoleur jusqu'à l'absurde, avec une revenante dénudée au moindre prétexte que l'on oblige a prendre des poses ridicules. Oh, le vin m'a tache. Oh, le vent m'a retire mes habits. Et si je me cambrais en permanence, même accroupie ? On apprendra également, grâce a ce film, qu'une femme qui éprouve du plaisir louche, et que toutes les serveuses sont nymphomanes. Pas de doute, ce film est instructif. Pédagogique même, car l'éducation ne réside-t-elle pas dans la répétition ? Or, le gros plan sur les seins taches de vin est resservi pas moins de quatre fois au spectateur, sans jamais être modifié d'un iota !

A la recherche du temps perdu

Mais ce qui distingue Hellgate de tous les nanars de la création, c'est son rythme, cette alternance délicieuse d'ellipses incompréhensibles, de scènes décoratives et de meublage pur et simple. Toutes les ficelles sont employées : c'est une filiale d'IKEA complète que Levey a réussi a ouvrir. Commentaires sur l'action par les personnages, dialogues bouche-trou, scènes allongées a l'excès, plans de coupe répetés a l'infini, hors-sujets dilatoires, exposé des protubérances mammaires de l'actrice, tout y passe, suscitant un sentiment d'incrédulité croissant, jusqu'au fou rire. Hellgate, c'est Derrick au pays des zombies.
Non, Derrick ne mérite pas cette comparaison, jamais, dans un épisode de cette série, le héros, par trois fois, ne répèterait a son meilleur ami :
- Tu sais quoi ?
- Non.
- Approche, je vais te le dire, c'est un secret.
- Ok.
- You're an asshole.
Et les deux abrutis de rire de concert.

Conclusion

Effets spéciaux cheap, scénario inepte, rythme alangui, racolage éhonté, temporalité autre, Hellgate a beaucoup d'atouts dans sa manche pour séduire le nanardeur. Cependant, il faut une dose sérieuse de perversité et une bonne condition physique pour apprécier son rythme unique. Des profanes pourraient s'ennuyer. Dans le doute, abstenez vous. Si vous avez déjà solidement forgé votre goût pour la série Z, par contre, foncez.

dimanche 14 septembre 2008

A fond en nanaromobile

Tout grand acteur à la carrière avancée s'est compromis un jour ou l'autre dans un navet monumental dont il aura honte jusqu'à la fin de ses jours. Ou simplement un film pas top. Ou un très bon film mais pour un public... particulier comme Clooney et Astin dans la série des Killer Tomatoes. Si Sylvester Stallone, comme David Duchovny, s'est compromis dans un film de seins en début de carrière, DEATH RACE 2000 (1975) est un souvenir qui laisse un goût amer dans la bouche de Stallone, mais aussi de David Carradine qui, avouons-le, en a pourtant vu d'autres avant que Tarantino ne lui donne une fin de carrière dont il n'osait rêver dans KILL BILL 2 (2004). Pour revenir sur l'"étalon" italien : admiratrices du bonhomme aux rôles à "grosses coucougnettes", faites l'impasse sur son film érotique (THE PARTY AT KITTY AND STUD'S - 1970), parce qu'un mythe s'y effondre...

DEATH RACE 2000 (1975) est un film futuriste dans l'esprit de RUNNING MAN (1987) et ROLLERBALL (1975 - pas la version moderne de 2002 où Jean Reno se fait buter à coups de tabouret), où les scénaristes anticipaient pour notre belle jeunesse des bloodsports en pagaïe, mélangeant généralement moteurs à explosion et morts violentes. Ils n'imaginaient pas encore le peak oil...

Donc David Carradine joue Frankenstein, la star d'une course de bagnoles à grande vitesse où écraser des piétons rapporte un max de points. Stallone joue son challenger, "Machine Gun Joe Viterbo". Les deux vont s'affronter tout au long d'une course sans pitié et sanglante. Bon, ok, ça c'est ce qui est écrit derrière le DVD, plus ou moins.
Stallone a la classe :

Alors que Carradine, moins :


Le ton du film est donné assez rapidement avec les bolides des personnages, qui roulent à pas plus de 50 avec des images passées en accéléré. Ce qui est bien avec le futur, c'est qu'on peut ne ressembler à rien et ne pas être ridicule. En effet, les voitures, au délà d'un petit armement ma foi bien pratique, sont redécorées pour avoir l'air futuristes et agressives. En termes pratiques, cela donne ça :

Ce qui laisse finalement à penser que Satanas et Diabolo ne sont pas loin dans la course.
Le film suit une structure classique des films de sport. Le champion mystérieux et le challenger motivé vont se tirer la bourre et en venir à se respecter tout en ne négligeant aucun coup pour gagner. Vraiment aucun coup, puisque Sly se sent obligé d'écraser ses propres mécanos pour grapiller quelques points. Il faut aussi rajouter à cela quelques scènes de nichon gratuites, comme les scènes de massage ou de drague, où Carradine montre un jeu d'acteur exceptionnel dans un costume torride :


Assez rapidement, tout le monde commence à avoir des doutes sur la qualité du film, même les acteurs :

Mais il faut dire que ça reste un moment de pur fun débile, justement par un tout cumulé : un scénario anémique, les commentaires sportifs hystériques, les bagnoles ridicules qui roulent au pas en accéléré, les costumes, et le plaisir de voir deux acteurs se rouler dans la fange la plus nanaresque. Un grand film, on vous dit !

Par exemple, la scène magnifique du torero, qui fait une bonne minute de ridicule permet d'avoir un aperçu de la vitesse des voitures, de leur look, de l'intensité dramatique des personnages et du look 70s des commentateurs de la course :
http://www.youtube.com/watch?v=CZOZ2MattP8

Dans le futur, d'ailleurs, comme on a vu dans SOLEIL VERT (1973), l'euthanasie est reconnue et acceptée. Cependant, dans Death Race 2000 ils font ça de manière simple et de bon goût... Ou pas, en fait, parce que Frankenstein, il a une fibre morale. Le personnage reçoit d'un coup une profondeur intense qu'on n'imaginait pas au vu de son beau costume SM.
http://www.youtube.com/watch?v=pphMecGZQ_s
On notera aussi que le bébé rapporte 70 points là où le vieux en fait 100, ce qui signifie qu'en plus Frankenstein décide de ne pas profiter d'un avantage indu.

Allez, petit best of pour finir :
http://www.youtube.com/watch?v=qbKKCCmh7GU

Tain, ça m'a donné envie de le revoir...